L’armée des Maures ?

16 juin 2008

Le film « L’Armée des morts » (« Dawn of the Dead », en VO), réalisé par Zack Snyder, est un remake de « Zombie » de George A Romero, chef d’oeuvre du cinéma d’épouvante. Film de zombies classique avec hémoglobine à gogo, actes d’héroïsme et grandes lâchetés, frissons et sursauts, « L’armée des morts » comporte un passage qui m’a fait particulièrement froid dans le dos. Pas une attaque de mort-vivant au détour d’un escalier ou une fausse alerte dans l’obscurité, mais une image presque subliminale placée en ouverture du générique.

Celui-ci présente une succession d’images de chaos et d’extraits de (faux) journaux télévisés entrecoupés des habituels crédits, sur fond de Johnny Cash. L’une de ces premières images montre une scène de prière musulmane. Que vient-elle faire là ? Qu’a voulu signifier Zack Snyder via cette insertion ? Assimiler l’ensemble des musulmans à une menace terroriste semblable à celle des zombies ? Difficile à décrypter. Mais la suite, qui parle de virus se propageant à l’échelle de la planète sans qu’on sache comment l’enrayer, est loin de dissiper le malaise.

Ecrit par Julien

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Hommage

9 juin 2008

Je ne remercierai jamais assez Catharsis de m’avoir poussé à lancer ce blog. Mais je me dois d’être honnête : il y a quelqu’un à qui ce blog doit encore plus : 37signals.

37signals est une entreprise américaine. Anciennement agence de communication, elle a décidé petit à petit d’arrêter de travailler pour des clients, et de faire plancher ses développeurs et ses graphistes sur des projets à elle. Aujourd’hui, elle propose des applications en ligne. Et a construit son modèle économique sur l’attention apportée aux détails. En effet, ses applications sont simples, épurées, mais peaufinées jusque dans les moindres recoins.

Ici aussi, j’aurais des milliers de choses à raconter sur l’impact qu’a eu cette entreprise dans ma vie, mais je me contenterais de vous renvoyer vers le blog de 37signals, rempli d’exemples de l’attention que les fondateurs et salariés portent aux détails.

Écrit par Rémi


Les voleurs de temps

31 mai 2008

Dans « L’art du temps », Jean-Louis Servan-Schreiber parle d’une étude menée auprès des colonels, de présidents d’université, de chefs d’entreprise, etc. L’objet de cette étude était d’identifier les « voleurs de temps », c’est-à-dire les éléments qui interviennent dans la vie quotidienne et interfèrent avec l’emploi du temps, les tâches et les priorités que l’on s’est fixé.

32 voleurs de temps sont identifiés, classés en deux catégories : ceux qui proviennent de l’extérieur et ceux qui sont de notre fait. Et dans cette dernière catégorie, on retrouve l’attention excessive aux détails.

Morale : si vous manquez de temps, arrêtez de vous focaliser sur les détails. Fin de l’histoire.

Écrit par Rémi


1 kilo de plume ou 1 kilo de plomb ?

24 mai 2008

Dans les McDonald’s, on peut se renseigner sur les apports nutritionnels de leurs produits en retournant la feuille de papier qui recouvre le plateau.

J’ai pu découvrir que le Sprite est plus dense – c’est-à-dire que pour un volume identique, il pèse plus lourd – que le Coca-Cola.

J’aurais pas cru.

Écrit par Rémi


Trouver ce que l’on ne cherche pas

15 mai 2008

Pour chercher du boulot, il y a plusieurs méthodes.

  1. Répondre à des annonces.
  2. Envoyer des candidatures spontanées.
  3. Faire fonctionner son réseau.

Pendant des années, mon père m’a bassiné que les méthodes 1 et 2 étaient bien, mais que c’était sur la 3 qu’il fallait miser. Sauf que dans ma tête, « faire fonctionner son réseau » voulait dire « essayer de se faire pistonner pour trouver un poste » ; pas emballant.

Et voilà-t-y pas que cette année, faire fonctionner mon réseau prend du sens. Moi qui suis peu sociable de nature, je rencontre des potes de potes, je revois des personnes perdues de vue, je prends le temps de discuter avec des amis, je creuse des connaissances… ce n’est même pas un fardeau !

Mais ce qui me fascine le plus là-dedans, c’est la surprise. Inévitable.

Tout ce que mon réseau m’apporte est impossible à prévoir, à anticiper. Je trouve systématiquement une information, un conseil, une piste, que je ne cherchais pas.

Et même quand je vais boire un verre avec quelqu’un pour une raison précise, c’est un élément complètement inattendu qui va se révéler intéressant.

  • J’appelle quelqu’un qui travaille dans une boîte qui me plaît ? C’est sa copine qui va se pencher sur mon CV pour me parler d’une autre piste.
  • Je déjeune avec un ami pour qu’il me dise ce qu’il pense d’une nouvelle offre ? C’est sur un projet que j’ai abandonné la veille qu’il me remotive.
  • Je sollicite un professionnel du recrutement pour qu’il juge mon CV ? C’est un avis crucial sur une autre entreprise qu’il m’apporte.

J’ai beau avoir remarqué ce phénomène, je ne parviens toujours pas à deviner ce que va m’amener ce réseau.

[…]

Pour ceux qui sont joueurs : surprenez-moi – mettez un commentaire auquel je ne m’attends pas…

Écrit par Rémi


Se raccrocher à la buée

13 mai 2008

« It’s all about love » de Thomas Vinterberg et « Retour à Cold Mountain » d’Anthony Minghella sont deux films sortis en 2003 sur les écrans français.

Leur point commun ?

Un final sous la neige… mais aucune buée qui ne s’échappe de la bouche des protagonistes.

Le genre de détail qui peut flinguer un film.

Apte à ruiner tout le patient travail de vraisemblance réalisé en amont.

Ou à vous faire préférer la franchise du théâtre.


Écrit par Anthokadi


Sherlock House

30 avril 2008

Quelque chose m’a toujours intrigué dans la série « Dr. House ». Je n’avais jamais réussi à mettre le doigt sur ce détail, ou plutôt sur cet ensemble de détails. Jusqu’à ce que je voie le dernier épisode de la troisième saison, diffusé la semaine dernière sur TF1.

Au cours de la séquence finale, le réalisateur nous montre Gregory House rentrer chez lui. La caméra reste à l’extérieur, puis effectue un lent travelling lorsque la porte se referme pour passer devant la fenêtre et nous permettre d’observer ce que fait House – il ouvre un colis qu’il vient de recevoir, mais l’intérêt n’est pas là.

Entre la porte et la fenêtre, la caméra passe devant le numéro de son appartement. C’est ce qui m’a soudain fait comprendre que cette série est en fait un long hommage à « Sherlock Holmes », l’oeuvre littéraire d’Arthur Conan Doyle. Car ce numéro est le 221, référence directe à l’adresse de Sherlock Holmes à Londres, le 221B Baker Street.

Impossible, dès lors, de ne pas établir un grand nombre de correspondances à partir d’autant de détails qui laissent penser que « Dr. House » n’est, d’une certaine façon, qu’une adaptation joyeusement cinglée et dans le monde médical des enquêtes du plus célèbre détective de la littérature mondiale. Et que House est une sorte de réincarnation d’Holmes au XXIème siècle.

Les noms, déjà. House/Holmes. Les deux sont très proches. Le meilleur ami (le seul ami) de Gregory House s’appelle Wilson. Entre le Dr. Wilson et le Dr. Watson, il n’y a également qu’un pas. Les deux jouent d’ailleurs grosso modo le même rôle : celui de soutiens sans faille, sympathiques et dévoués à défaut d’être vraiment fûtés.

Ensuite, au niveau des caractères. House et Holmes sont deux génies misanthropes rejetant la compagnie du reste de la société, sûrs d’eux et pleins d’arrogance. Tous deux sont des toxicomanes : Holmes est accro à la cocaïne ; House à un médicament anti-douleur, la Vicodin. Et c’est seulement lorsqu’ils sont sous l’effet de ces produits qu’ils sont pleinement efficaces. Enfin tous deux sont des passionnés de musique, qui leur sert de refuge autant que de loisir. Sherlock Holmes pratique le violon. Gregory House joue de la guitare et du piano.

Dans leur façon d’enquêter, les liens sont nombreux. Le détective privé et le médecin avancent par déductions, qu’ils sont souvent les seuls à comprendre, aidés également par un sens incroyable de l’observation. On peut aussi très bien assimiler le reste de l’équipe de House aux policiers de Scotland Yard qu’Holmes prend sans cesse un malin plaisir à devancer et à rabrouer, même s’il arrive qu’ils l’aident – presque involontairement. Enfin, tous deux ne s’attachent pas à leurs clients/patients, ne les considérant que comme des cas, des énigmes à élucider. Une fois le mystère éclairci, ils rompent tout contact.

Cette multitude de correspondances aura sans doute sauté aux yeux de beaucoup de télespectateurs. mon cerveau doit être plus lent ; il m’aura fallu ce lent travelling, après des dizaines d’épisodes, pour faire enfin le rapprochement. Il y a sûrement d’autres points communs, mais ceux-ci me semblent les plus évidents.

Ecrit par Julien