Sherlock House

30 avril 2008

Quelque chose m’a toujours intrigué dans la série « Dr. House ». Je n’avais jamais réussi à mettre le doigt sur ce détail, ou plutôt sur cet ensemble de détails. Jusqu’à ce que je voie le dernier épisode de la troisième saison, diffusé la semaine dernière sur TF1.

Au cours de la séquence finale, le réalisateur nous montre Gregory House rentrer chez lui. La caméra reste à l’extérieur, puis effectue un lent travelling lorsque la porte se referme pour passer devant la fenêtre et nous permettre d’observer ce que fait House – il ouvre un colis qu’il vient de recevoir, mais l’intérêt n’est pas là.

Entre la porte et la fenêtre, la caméra passe devant le numéro de son appartement. C’est ce qui m’a soudain fait comprendre que cette série est en fait un long hommage à « Sherlock Holmes », l’oeuvre littéraire d’Arthur Conan Doyle. Car ce numéro est le 221, référence directe à l’adresse de Sherlock Holmes à Londres, le 221B Baker Street.

Impossible, dès lors, de ne pas établir un grand nombre de correspondances à partir d’autant de détails qui laissent penser que « Dr. House » n’est, d’une certaine façon, qu’une adaptation joyeusement cinglée et dans le monde médical des enquêtes du plus célèbre détective de la littérature mondiale. Et que House est une sorte de réincarnation d’Holmes au XXIème siècle.

Les noms, déjà. House/Holmes. Les deux sont très proches. Le meilleur ami (le seul ami) de Gregory House s’appelle Wilson. Entre le Dr. Wilson et le Dr. Watson, il n’y a également qu’un pas. Les deux jouent d’ailleurs grosso modo le même rôle : celui de soutiens sans faille, sympathiques et dévoués à défaut d’être vraiment fûtés.

Ensuite, au niveau des caractères. House et Holmes sont deux génies misanthropes rejetant la compagnie du reste de la société, sûrs d’eux et pleins d’arrogance. Tous deux sont des toxicomanes : Holmes est accro à la cocaïne ; House à un médicament anti-douleur, la Vicodin. Et c’est seulement lorsqu’ils sont sous l’effet de ces produits qu’ils sont pleinement efficaces. Enfin tous deux sont des passionnés de musique, qui leur sert de refuge autant que de loisir. Sherlock Holmes pratique le violon. Gregory House joue de la guitare et du piano.

Dans leur façon d’enquêter, les liens sont nombreux. Le détective privé et le médecin avancent par déductions, qu’ils sont souvent les seuls à comprendre, aidés également par un sens incroyable de l’observation. On peut aussi très bien assimiler le reste de l’équipe de House aux policiers de Scotland Yard qu’Holmes prend sans cesse un malin plaisir à devancer et à rabrouer, même s’il arrive qu’ils l’aident – presque involontairement. Enfin, tous deux ne s’attachent pas à leurs clients/patients, ne les considérant que comme des cas, des énigmes à élucider. Une fois le mystère éclairci, ils rompent tout contact.

Cette multitude de correspondances aura sans doute sauté aux yeux de beaucoup de télespectateurs. mon cerveau doit être plus lent ; il m’aura fallu ce lent travelling, après des dizaines d’épisodes, pour faire enfin le rapprochement. Il y a sûrement d’autres points communs, mais ceux-ci me semblent les plus évidents.

Ecrit par Julien


Previously on “24”

1 avril 2008

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Lorsque les séries télévisées américaines ont commencé à se rapprocher de ce qui se faisait au cinéma, je n’ai pas tout de suite vu à quoi ça ressemblait. Je n’avais pas la télévision chez moi, et je ne téléchargeais rien en ligne. Jusqu’à ce qu’un soir, je passe dans mon loueur de films habituels et découvre que plusieurs séries sont disponibles. Au hasard, je choisis le premier DVD de « 24 heures chrono ».

Je suis conquis d’emblée. En moins de 3 jours, je dévore l’intégralité de la saison. Un élément contribue à rendre la série particulièrement captivante : les personnages ont un passé extrêmement naturel. Ni flash-backs imagés, ni dialogues évocateurs, on n’assiste à aucune scène ayant l’ignorance du spectateur pour raison d’être. On comprend certains évènements, on devine quelques blessures, mais l’absence d’explication directe permet de croire tout de suite aux relations qui lient les personnages

Rapidement, j’ai voulu découvrir la suite de « 24 heures chrono ». J’ai alors découvert un détail – de taille. Je venais de voir la saison 2, et non la saison 1.

Écrit par Rémi


Utilisation abusive de guillemets

11 décembre 2007

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Amis de la ponctuation, bonsoir.

Mes anciens camarades d’écriture de l’Abcdrduson peuvent en témoigner : je suis chiant avec la ponctuation. Et s’il y a un détail qui m’agace ces temps-ci, c’est les guillemets utilisés à tout bout de champ, par paresse.

A l’origine, des guillemets sont là pour indiquer que l’on cite quelqu’un, donc que l’auteur de l’article n’est pas l’auteur des propos entre les guillemets. Cela permet au lecteur de comprendre qui dit quoi, et à l’auteur de se dédouaner des propos qu’il ne fait que retranscrire. Mais avec le temps, les guillemets se sont transformés en principe de précaution. Lorsque l’on veut utiliser une expression qui risque de créer une polémique, on la met entre guillemets. Ça ne veut pas dire que l’on cite quelqu’un. Ça veut juste dire : « Venez pas me saoûler avec ça, je l’ai mis entre guillemets ». On le dit, mais pas vraiment. On le dit « entre guillemets ». A force, ça peut finir par prêter à confusion – les fans de la série « Friends » se souviendront de l’épisode où Joey apprend avec difficultés à utiliser les guillemets à l’oral.

Le phénomène semblant prendre de l’ampleur aux Etats-Unis, un blog recense des centaines d’exemples abusifs de guillemets : sur des panneaux, sur des emballages, sur des enseignes… Un commentaire d’une ligne vient décrire l’absurdité de la photo.

Je suis ravi d’apprendre que je ne suis pas le seul à avoir remarqué ce détail.

[Merci 37 Signals]


Légers travellings dans la série « Six feet under »

7 décembre 2007

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Récemment, j’étais sur le point d’entamer la saison 5 (non, pas celle-là) de la série « Six feet under ». Cette série me touche beaucoup. Derrière un concept choc (le quotidien d’une entreprise familiale de pompe funèbres, avec une mort à chaque début d’épisode), elle cache des thèmes-clé poignants : apprendre à vivre avec l’autre, apprendre à vivre sans… L’amour et la mort, quoi, mais en finesse et en drame.

Par hasard, je tombe sur une interview d’un réalisateur, Bernard Jeanjean, qui cite la série parmi ses influences : « Pour la réalisation de certains plans, j’ai aussi été influencé par la série Six feet under qui utilise de légers travellings, presque invisibles, pour dynamiser certains plans. »

Je n’avais jamais remarqué ce détail – peut-être que seul un réalisateur pouvait le faire, d’ailleurs. Depuis, ça me saute aux yeux. Pour symboliser une sensation de ciel-qui-tombe-sur-la-tête, un procédé cinématographique est souvent utilisé : le travelling compensé. C’est la combinaison d’un zoom avant et d’un travelling arrière (ou l’inverse), qui donne l’impression que le décor se compresse autour du personnage. C’est parfaitement efficace, car on ressent visuellement le vertige simulé.

Dans « Six feet under », pas de travelling compensé. Juste un léger travelling avant, presque imperceptible. C’est un détail technique, mais c’est si juste, tant ça colle aux personnages de la série, trop fragiles pour affronter leurs peurs, trop pudiques pour les partager.