Le premier battement de coeur

25 décembre 2012

Depuis quelques semaines, je suis le propriétaire d’un téléphone intelligent. D’un smartphone. Avant, je n’ai eu que des téléphones portables simples, ceux qui permettent surtout de téléphoner.

Mais là, je passe à la catégorie supérieure. Je mets le pied dans un monde plein de promesses. Dans ma main, je détiens un potentiel immense. Je peux, si je le veux, accéder à n’importe quelle information. Un pas de plus vers Dieu, grâce une technologie folle et invisible.

C’est fabuleux. Et pourtant, ce qui m’a le plus marqué dans ce téléphone n’a rien d’aussi grandiloquent. C’est un détail, un micro-ressenti, un effleurement de sensation, qui a disparu avant même que je me rende compte qu’elle était là.

La première fois que j’ai pris le téléphone dans ma main, j’ai caressé l’écran. J’ai bien aimé la sensation. Puis, d’instinct, mon pouce a pressé ce qui ressemblait au bouton de démarrage. Rien ne s’est passé. J’ai pressé un peu plus fort, un peu plus longtemps. J’ai attendu. J’ai senti une vibration. Puis l’écran s’est allumé, et toute mon attention s’est focalisée sur le trésor de technologie qui s’offrait à moi.

Depuis, doucement, j’apprends à évoluer dans cet univers complexe et sans fin. Mon quotidien intègre ce changement sans broncher, ça parait normal d’avoir cette objet incroyable à disposition. La magie disparait peu à peu. Sauf à un moment. Quand je l’allume. A chaque fois, je l’oublie. A chaque fois, je suis surpris par la vibration de démarrage. Et à chaque fois, je me rappelle de la première fois que j’ai senti cette vibration. Et que ma réaction naturelle a été un soulagement : il est vivant. Dans ma main, cette unique vibration a sonné comme le premier battement de coeur d’un petit être qui ne respirait plus.

Je me rends bien compte que la puissance émotionnelle de ce détail ne vient pas de la vibration, mais de l’interprétation que mon corps et mon cerveau en ont fait. Mais ça n’enlève rien : ce sentiment-là, il écrase toutes les promesses du monde.

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Enfermée dehors

12 juillet 2008

« J’ai beaucoup appris sur l’être humain, sur moi-même, sur l’importance des détails, l’importance de certaines attitudes, l’importance de la communication, d’utiliser les mots corrects pour transmettre les sentiments corrects.« 

Ingrid Betancourt, le 4 juillet 2008.

Écrit par Rémi


Les voleurs de temps

31 mai 2008

Dans « L’art du temps », Jean-Louis Servan-Schreiber parle d’une étude menée auprès des colonels, de présidents d’université, de chefs d’entreprise, etc. L’objet de cette étude était d’identifier les « voleurs de temps », c’est-à-dire les éléments qui interviennent dans la vie quotidienne et interfèrent avec l’emploi du temps, les tâches et les priorités que l’on s’est fixé.

32 voleurs de temps sont identifiés, classés en deux catégories : ceux qui proviennent de l’extérieur et ceux qui sont de notre fait. Et dans cette dernière catégorie, on retrouve l’attention excessive aux détails.

Morale : si vous manquez de temps, arrêtez de vous focaliser sur les détails. Fin de l’histoire.

Écrit par Rémi


1 kilo de plume ou 1 kilo de plomb ?

24 mai 2008

Dans les McDonald’s, on peut se renseigner sur les apports nutritionnels de leurs produits en retournant la feuille de papier qui recouvre le plateau.

J’ai pu découvrir que le Sprite est plus dense – c’est-à-dire que pour un volume identique, il pèse plus lourd – que le Coca-Cola.

J’aurais pas cru.

Écrit par Rémi


Trouver ce que l’on ne cherche pas

15 mai 2008

Pour chercher du boulot, il y a plusieurs méthodes.

  1. Répondre à des annonces.
  2. Envoyer des candidatures spontanées.
  3. Faire fonctionner son réseau.

Pendant des années, mon père m’a bassiné que les méthodes 1 et 2 étaient bien, mais que c’était sur la 3 qu’il fallait miser. Sauf que dans ma tête, « faire fonctionner son réseau » voulait dire « essayer de se faire pistonner pour trouver un poste » ; pas emballant.

Et voilà-t-y pas que cette année, faire fonctionner mon réseau prend du sens. Moi qui suis peu sociable de nature, je rencontre des potes de potes, je revois des personnes perdues de vue, je prends le temps de discuter avec des amis, je creuse des connaissances… ce n’est même pas un fardeau !

Mais ce qui me fascine le plus là-dedans, c’est la surprise. Inévitable.

Tout ce que mon réseau m’apporte est impossible à prévoir, à anticiper. Je trouve systématiquement une information, un conseil, une piste, que je ne cherchais pas.

Et même quand je vais boire un verre avec quelqu’un pour une raison précise, c’est un élément complètement inattendu qui va se révéler intéressant.

  • J’appelle quelqu’un qui travaille dans une boîte qui me plaît ? C’est sa copine qui va se pencher sur mon CV pour me parler d’une autre piste.
  • Je déjeune avec un ami pour qu’il me dise ce qu’il pense d’une nouvelle offre ? C’est sur un projet que j’ai abandonné la veille qu’il me remotive.
  • Je sollicite un professionnel du recrutement pour qu’il juge mon CV ? C’est un avis crucial sur une autre entreprise qu’il m’apporte.

J’ai beau avoir remarqué ce phénomène, je ne parviens toujours pas à deviner ce que va m’amener ce réseau.

[…]

Pour ceux qui sont joueurs : surprenez-moi – mettez un commentaire auquel je ne m’attends pas…

Écrit par Rémi


Pour un chapeau

26 avril 2008

Après quelques mois d’absence, je suis de retour sur une communauté en ligne, un site de rencontres qui ne veut pas se nommer ainsi… par respect pour la pudeur des gens, il est décrit comme un site d’échanges et de partage ; par respect pour la pudeur des gens, je tairai son nom.

Au milieu de ce fourmillement, je souhaite satisfaire ma curiosité voyeuse des autres, et déterrer quelques individualités dignes d’être découvertes.

Un amour, une première séance photos en tant que modèle, une soirée terminée dans un véhicule du Samu, une expérience de bodypainting, un lever de soleil à la Croix des Rochers, un appartement très seventies… condensé hétéroclite de ces précédentes rencontres. Pourquoi eux et pas d’autres ? Un détail certainement qui m’a interpellé à l’époque.

Au milieu de ce fourmillement, il faut faire des choix. Un jugement souvent superficiel qu’il faut assumer pour ne pas se laisser submerger.

S. est venu me saluer, un amateur de poésie certes mais son chapeau sur la photo lui sied tellement bien ! Je réponds. Vingt-quatre heures plus tard, il reçoit mon recueil de poèmes afin d’obtenir un regard critique et extérieur. Un geste intime et de confiance. Pour un chapeau, un simple détail ?

En vue d’un rendez-vous réel, je lui demande de mettre son fameux couvre-chef pour faciliter la reconnaissance. Que nenni, il n’aime pas ces accessoires. Un soirée « chapeau » londonienne, voilà tout.

Tant pis ou tant mieux, je le rencontre demain. J’aurais alors oublié ce détail et m’attarderais sur le reste.

Écrit par Eliette


Details matter adapté en film

25 avril 2008

À quoi ressemblerait l’équivalent de ce blog adapté au cinéma ?

Si je me fie au le résumé d’Allociné, ça devrait ressembler à ça :

Tenter l’expérience d’un film composé comme un recueil de nouvelles. Le film serait une série de séquences aux personnages et situations différents, dont le point commun est de décrire le moment apparemment anodin d’un instant révélateur, qui tout à coup fait saillie.

Quelqu’un a-t-il vu ce film ? Ca m’intrigue beaucoup…

Écrit par Rémi