« Circus » : trop malin jusqu’à la fin

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« Circus » est un petit film anglais sorti en 2000. Le casting inclut Brian Conley, animateur déjanté de la télévision britannique qui a bercé mon enfance, ainsi que quelques acteurs attachants (John Hannah, Famke Janssen, Peter Stormare).

Le film débute par une partie de poker, au cours de laquelle on découvre Leo, le personnage principal du film. Leo est ce que les anglo-saxons appellent un con man. Contrairement à ce qu’un mauvais anglophone pourrait penser, un con man est quelqu’un de malin : c’est un escroc, un arnaqueur. « Circus » suit le parcours de Leo, impliqué dans plus d’histoires qu’il ne le souhaiterait, dans lesquelles chaque protagoniste essaye de manipuler tous les autres.

Il existe énormément de films de ce genre. Le seul souci, c’est qu’après avoir en vu quelques uns, on comprend l’astuce systématiquement déployée et on ne se fait plus flouer. On doute de chaque plan, chaque piste, chaque personnage, et si on ne devine pas forcément la fin, on sait qu’elle ne sera pas celle vers laquelle le film feint de nous emmener. La mise en abyme où le réalisateur devient complice du con man finit donc par tomber à l’eau, ou au moins dans l’indifférence.

A la fin de « Circus », on se retrouve dans cette situation classique : après douze retournements de situation, Leo a finalement réussi à arnaquer Terre entière et s’apprête à s’enfuir avec le butin, se rend à la gare, pour prendre le train de la liberté. Et c’est là qu’intervient un détail qui m’a marqué : il croise un des joueurs de poker – qu’on a vu au tout début du film, qui lui propose de faire une petite partie. L’espace d’un instant, on sent Leo hésiter. Tout le long du film, quand il promettait à sa compagne que c’était le dernier coup avant de raccrocher, on devinait que c’était contre-nature pour lui de s’arrêter et qu’il ne pourrait s’empêcher d’être attiré par toutes les occasions de faire de l’argent facilement.

Il est riche, la belle Lily l’attend sur le quai, la belle vie est à deux doigts, et il suffirait pourtant d’un rien pour que tout disparaisse dans une partie de poker. Par un appât du gain sans limite. Quelle magnifique fin ! Un con man perdu par ce qui fait son talent…

Mais en fait, non, Leo décline gentiment l’invitation, raisonnable comme jamais. Il a su vaincre ses démons, il a su s’arrêter à temps.

Beurk…

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One Response to « Circus » : trop malin jusqu’à la fin

  1. […] Le billet que vient de publier Rémi me rappelle le détail d’un film pour lequel j’ai une estime folle mais dont la fin ne cesse de me décevoir. Il s’agit de “The Game”, film de David Fincher sorti deux ans après le magistral “Se7en”. Le pitch : Nicholas Van Orton, un homme d’affaire riche et blasé (Michael Douglas) reçoit de son frère (Sean Penn) un cadeau d’anniversaire très spécial – une invitation pour participer à un jeu mystérieux dont il ne connaîtra pas les tenants et les aboutissants. Un jeu qui s’impose à ses joueurs en chamboulant méthodiquement leur quotidien par une série d’événements spectaculaires, terrifiants et/ou excitants. Mais très vite, Van Orton perd pied, et tout le film entretient le flou : est-ce vraiment un simple jeu ou une machination pour abattre le héros ? […]

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