Changer les billes d’un piercing

17 janvier 2008

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Voilà bientôt deux ans, je me suis fait percé la langue – pour y introduire une barre de métal. Dans le jargon, on appelle ça un piercing lingual.

On pourrait penser que transpercer un organe aussi sensible que la langue est douloureux. Pour ma part, ça n’a pas été le cas. La première semaine, le gonflement de la langue a été assez désagréable, mais c’est tout. En fait, le plus impressionnant, ce sont les histoires entendues : infections qui se compliquent, zozotement irréversible, dents brisées, langue fendue, etc.

A l’époque, un peu refroidi par ces récits, j’ai pris mes précautions. Au début, les billes de chaque extrémité du piercing ont tendance à taper régulièrement sur les dents. A terme, ces micro-chocs seraient à l’origine de problèmes de dentition. J’ai donc décidé au bout de quelques mois de remplacer les billes en métal par des billes en acrylique.

Sur le coup, la déception était grande, mais j’ai pensé que ce n’était qu’une question de temps avant que je ne m’habitue à ces nouvelles billes. De plus, la raison était de leur côté, et j’ai donc gardé mes billes en acrylique. Jusqu’à ce que, récemment, je rende visite à mon dentiste, pour un check-up de routine. Et voilà qu’il m’apprend qu’il n’a jamais vu de problèmes d’usure progressive de dents liée à un piercing.

Évidemment, s’il y a bien une personne qui serait ravie de me voir revenir les dents cassées, c’est bien mon dentiste. J’ai pourtant sauté sur l’occasion pour revenir à mes billes de prédilection, celles en métal, que j’avais finalement très peu portées.

Et là, la surprise : l’extase immédiate… C’est difficile à croire qu’un si petit détail – une différence de texture, et légèrement de poids – puisse à ce point modifier un ressenti. En remettant les billes de départ, j’ai retrouvé la sensation si particulière du métal, qui faisait pour moi tout l’intérêt du piercing et qui avait disparu.

Je ne connais personne dans mon entourage qui a de piercing à la langue, donc je ne sais pas si d’autres personnes ont eu la même impression… Des témoignages parmi vous ?

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Rater son saut de l’ange dans Assassin’s creed

13 janvier 2008

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« Assassin’s creed » est un petit jeu aussi joli que répétitif. Au bout de quelques heures, on s’attend à voir débarquer Bill Murray et ses marmottes tellement les missions ressemblent les unes aux autres. On passe son temps à courir dans des Jérusalem ou Damas surpeuplées. Forcément, on bouscule souvent du monde, et chaque passant heurté ne manque pas de s’en plaindre à haute voix : « Voilà ce qui arrive quand on ne regarde pas où l’on va« , « Vous auriez pu me tuer« , « Il va se faire mal« …

Un des objectifs d’Altaïr, l’assassin méthodique du jeu, est de grimper en haut des bâtiments les plus élevés de la ville, pour avoir une meilleure vue d’ensemble. Et pour redescendre, une aptitude assez extraordinaire est disponible : le saut de l’ange (le jeu original parle de « leap of faith »). Du haut de la tour, on repère un tas de foin, et on saute tel un plongeur olympique qui aurait oublié de faire des pirouettes. Je dois avouer qu’après une longue escalade, c’est assez jouissif.

Le seul problème, c’est que l’on est parfois juché très haut, et que l’on distingue mal le décor qui s’offre à nous juste sous nos pieds. C’est ainsi que, lors de mon dernier saut de l’ange, j’ai confondu un vulgaire tapis avec un tas de foin. Du coup, mon saut de l’ange s’est transformé en une chute mortelle, qui – comble de malchance – avait comme point d’impact… une habitante !

Magie de l’informatique, sa réaction a été la suivante : « Regardez où vous allez !« .

Vous êtes déjà tombé sur des bugs-funny de ce genre ?


Nicholas Van Orton must die.

7 janvier 2008

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[Avertissement : cet article dévoile la fin du film « The Game » (David Fincher, 1997). Ne le lisez pas si vous ne l’avez jamais vu, vous risqueriez de me détester.]

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« Circus » : trop malin jusqu’à la fin

6 janvier 2008

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« Circus » est un petit film anglais sorti en 2000. Le casting inclut Brian Conley, animateur déjanté de la télévision britannique qui a bercé mon enfance, ainsi que quelques acteurs attachants (John Hannah, Famke Janssen, Peter Stormare).

Le film débute par une partie de poker, au cours de laquelle on découvre Leo, le personnage principal du film. Leo est ce que les anglo-saxons appellent un con man. Contrairement à ce qu’un mauvais anglophone pourrait penser, un con man est quelqu’un de malin : c’est un escroc, un arnaqueur. « Circus » suit le parcours de Leo, impliqué dans plus d’histoires qu’il ne le souhaiterait, dans lesquelles chaque protagoniste essaye de manipuler tous les autres.

Il existe énormément de films de ce genre. Le seul souci, c’est qu’après avoir en vu quelques uns, on comprend l’astuce systématiquement déployée et on ne se fait plus flouer. On doute de chaque plan, chaque piste, chaque personnage, et si on ne devine pas forcément la fin, on sait qu’elle ne sera pas celle vers laquelle le film feint de nous emmener. La mise en abyme où le réalisateur devient complice du con man finit donc par tomber à l’eau, ou au moins dans l’indifférence.

A la fin de « Circus », on se retrouve dans cette situation classique : après douze retournements de situation, Leo a finalement réussi à arnaquer Terre entière et s’apprête à s’enfuir avec le butin, se rend à la gare, pour prendre le train de la liberté. Et c’est là qu’intervient un détail qui m’a marqué : il croise un des joueurs de poker – qu’on a vu au tout début du film, qui lui propose de faire une petite partie. L’espace d’un instant, on sent Leo hésiter. Tout le long du film, quand il promettait à sa compagne que c’était le dernier coup avant de raccrocher, on devinait que c’était contre-nature pour lui de s’arrêter et qu’il ne pourrait s’empêcher d’être attiré par toutes les occasions de faire de l’argent facilement.

Il est riche, la belle Lily l’attend sur le quai, la belle vie est à deux doigts, et il suffirait pourtant d’un rien pour que tout disparaisse dans une partie de poker. Par un appât du gain sans limite. Quelle magnifique fin ! Un con man perdu par ce qui fait son talent…

Mais en fait, non, Leo décline gentiment l’invitation, raisonnable comme jamais. Il a su vaincre ses démons, il a su s’arrêter à temps.

Beurk…


Bien vu : l’accroche de « Alien VS Predator – Requiem »

3 janvier 2008

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Jeux de couleurs

1 janvier 2008

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[C’est fou comme j’ai du mal à empêcher le concept de ce blog de glisser vers un retour aux souvenirs d’enfance proche de la psychanalyse.]

Ce blog ne sort pas de nulle part : un souvenir d’enfance me le prouve.

J’ai grandi dans une famille où l’on jouait tout le temps. Je jouais avec mes parents, avec mes frères et soeur, avec mes cousins, avec mes amis… Et j’ai hérité de cette importance une passion pour le jeu et une réputation de joueur prêt à tout pour gagner. Cette réputation n’est pas usurpée, et c’est aujourd’hui que je réalise à quel point je faisais particulièrement attention à tous les facteurs périphériques au jeu lui-même. Un exemple illustre bien mon état d’esprit.

Car il y a un détail auquel j’accordais systématiquement de l’importance, alors que personne d’autre ne s’y intéressait : la couleur de mon pion. Selon la couleur du plateau, la taille des pions, le besoin de me faire remarquer ou au contraire de me faire oublier, la couleur préférée de chacun, j’essayais toujours de choisir LE pion qui optimisait le plus mes chances de gagner.

Bien sûr, j’employais d’autres astuces pour l’emporter, notamment en prononçant les bonnes paroles au bon moment (je me souviens de parties de Risk où l’on m’avait d’ailleurs interdit de parler), mais je trouve que le choix de la couleur de mes pions est particulièrement significatif, car il est beaucoup plus discret et anodin.

Je crois que le pire dans l’histoire, c’est que je reste persuadé que ce détail m’a plusieurs fois permis de gagner !