‘In da club’ ou l’art du faux départ

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Depuis quelques années, l’un des gimmicks récurrents du rap américain est d’ouvrir les gros singles par une courte intro cinématographique, une rapide orchestration un peu ronflante qui emmène l’auditeur sur une fausse piste avant de lancer par contraste le véritable commencement du morceau. Cette idée a été énormément exploitée par des producteurs comme Scott Storch, J.R. Rotem ou Eminem, trois musiciens qui entretiennent chacun à leur manière une filiation artistique directe avec le géant Dr. Dre. Un Dr. Dre qui, quelque part, a la paternité de cet effet de style, puisqu’en 1999, son album « Chronic 2001 » s’ouvrait avec la fameuse « deep note », la signature sonore de la technologie THX développée par la société de Georges Lucas.

En guise d’exemples, on peut entendre ces « intros cinématographiques » dans des titres comme ‘Candy Shop’ (50 Cent), ‘The Cross’ (Nas) ou plus récemment ‘Take it to the top’ (Freeway ft. 50 Cent).

Bizarrement, il existe un morceau dans lequel cet effet n’est pas utilisé, et c’est d’autant plus paradoxal que ce titre constitue à de nombreux égards l’archétype du gros single : ‘In da club’, titre déclencheur de l’explosion de 50 Cent en 2003.

‘In da club’ n’a pas d’intro, pas d’appui. Il ne commence pas. Si l’on décortique les toutes premières secondes du morceau, on remarque que la rythmique démarre à contre-temps, sur un pied de batterie en légère avance sur le temps fort (je laisse le soin à notre lecteur-batteur Glorb de me dire le terme exact !). La réussite est totale : l’auditeur est directement projeté dans le vif du sujet, comme si l’instrumental rutilant de Dr. Dre (encore lui) venait submerger les programmations radio, les playlists winamp et les clubs partout sur Terre. Ca tombe bien : c’est exactement ce qui est arrivé à l’époque où le morceau est sorti. Curtis « 50 Cent » Jackson est alors devenu l’une des icônes pop incontournables de la décennie. Une non-introduction tellement puissante qu’à ce jour, et malgré ses efforts louables, Fifty n’a jamais vraiment pu réussir à capturer une deuxième fois un instant de la même force.

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7 Responses to ‘In da club’ ou l’art du faux départ

  1. yacine_ dit :

    Très bon article ! Et merci pour le lien du clip de I GET MONEY que je n’avais jamais vu (je comprends pas trop l’engouement qu’il semble avoir eu avec ce morceau. J’écoute que les remixes, perso). Et ouais chez Eminem-producteur, c’en est si systématique que c’est fatigant, ces petites intros au piano.

  2. Catharsis dit :

    ‘I get money’ est mortel ! Il m’a fallu du temps pour bien l’apprécier mais c’est un pur morceau. Bon, le « Forbes 1 2 3 remix » est pas mal aussi, mais c’est parce que je suis fasciné par les moguls du rap. :)

  3. Rémi dit :

    Je découvre « The cross » grâce à cet article… Quelle claque ! Décidemment, le style d’Eminem à la production me parle énormément… Et je trouve que cette petite intro amène plutôt bien le morceau…

  4. momo dit :

    t le meilleur

    une fanne 50 cent

  5. dan dit :

    je vais de photo de 50 cent
    je m’appel dan je suis un de vos admirateur

  6. gab dit :

    hello, j’ai pas capté le truc du contre temps dans « in da club »…? pour moi la 1ère grosse caisse est sur le 1er temps, j’vois pas l’originalité du truc.
    Ce qui m’interpelle plus, c’est que dre fasse des tubes sans ligne de basse, avec un kick qui bouffe tout, c peut être pour adapter ses sons aux nouvelles formes d’écoute (mp3…)

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