Trop en dire…

goldman.jpg

J’ai habité pendant un an avec un fan de Jean-Jacques Goldman. Il avait plusieurs albums, des anecdotes de concert, et l’envie de les partager. Intrigué, j’avais écouté. Et étais tombé sur une chanson, « Ne lui dis pas ».

D’emblée, le titre de la chanson m’a plu. « Ne lui dis pas », c’est un titre qui promet plein de belles choses choses tristes. Et je dois reconnaître que la chanson est à la hauteur de son titre.

Et puis un jour, mon colocataire m’a fait écouter un album live de Goldman. Avec, notamment, la chanson « Ne lui dis pas ». Bon, moi, les albums live, c’est pas mon truc. Neuf fois sur dix, je suis trop conditionné par les versions studio pour apprécier les versions live. Mais là, rien à voir : la chanson est massacrée… avant même de commencer. Parce que Jean-Jacques Goldman – qui se croit obligé d’introduire la chanson – annonce « Ca, c’est une chanson qui parle du mensonge« .

Je vais être honnête : même si j’ai bien quelques pistes, je serais incapable de vous dire de quoi parle la chanson. En revanche, je sais que c’est un peu plus qu’une chanson qui « parle du mensonge« . Et je n’arrive pas à comprendre comment l’auteur même de la chanson puisse la présenter ainsi.

Voici le texte :

Troubles images issues du temps
Messages d’enfant
Vagues voyages au gré d’avant

Ne lui dis pas
Ce n’est qu’à toi
Rêve tout bas
Ne lui dis pas

Tendres caresses, fièvres et sang
Les peaux s’entendent et se tendent
Paupières closes, qui te prend ?

Ne lui dis pas
Ça sert à quoi
Ce n’est qu’à toi
Ne lui dis pas

On n’avoue rien si l’on est innocent
Les mots sont vains, les mystères indulgents
La pénombre éclaire
Du silence au mensonge
C’est l’espace des songes

Page après page, vie sur vie
Quand les questions dansent
N’est-ce que ça ? Etait-ce lui ?

Ne lui dis pas
Ce n’est qu’à toi
Rêve plus bas
Ne lui dis pas

Qu’il est si tard, qu’il ne t’étonne plus
Qu’il ne sait pas et qu’il n’a jamais su
Que bientôt l’hiver
Si c’était à refaire
Mais « chut » mieux vaut se taire
Ne lui dis pas

Qu’en pensez-vous ? Vous partagez ma déception ?

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27 Responses to Trop en dire…

  1. kolenc dit :

    pour etre franc je comprends davantage la chanson et son texte que le commentaire qui en est fait! en ce qui me concerne j’adore cette chanson, par son alchimie entre le texte et la musique qui est une caracteristique de goldman. Je ne comprends donc pas l’auteur de l’article pour qui j’ai l’impression, le mot mensonge renvoit à du déraisonnable, de l’immoral, ce que je peux comprendre mais là il est question d’une chanson et pour moi le propre d’une chanson réussie c’est lorsqu’elle évoque un sentiment qui éxiste, une situation qui est possible, qui nous renvoit à nous même, à quelqu’un d’autre… sans vouloir faire une étude de texte il est clair que cette chanson évoque le mensonge d’une femme à propos de sa vie et plus particulierement de sa vie amoureuse, elle semble rever à un autre , connu ou idéalisé, mais l’idée de goldman est ici de ne rien dire puisque rien n’est concretement fait et que l’interrogation du mari concernant les préoccupations de sa femme seront moins « évocatrices »si cela reste du domaine de la pensée et donc du silence.
    Alors oui je suis d’accord j’aimerais pas etre à la place de l’homme qui n’est pas à la hauteur des aspirations de sa compagne mais pour autant je trouve la chanson réaliste, saisissante et tres bien écrite et agréable à entendre.

  2. fanette dit :

    Mais oui, je vois ce qu’il veut dire, mais aussi ce que tu veux dire. Toi tu vois peut-être une certaine réserve ou un mystère, ou une pudeur, mais on peut comprendre autrement : un femme ou un homme qui doute de son choix amoureux mais qui n’en dit rien, donc le couple est bati sur un mensonge. Non? je trouve en tout cas ce texte magnifique. merci !

  3. Rémi dit :

    @kolenc : quel commentaire !

    Je suis entièrement d’accord sur la qualité de cette chanson. Et à peu près autant sur l’interprétation du texte… Mon propos portait uniquement sur cette petite introduction (qu’on entend sur la version live), que je trouve incroyablement réductrice, voire à contresens même de la chanson. Ce décalage entre la finesse de la chanson et la lourdeur de la présentation me semble étrange…

    C’est un peu comme si Jacques brel introduisait « Ne me quitte pas » par « C’est une chanson qui parle d’amour » :)

  4. Xavier dit :

    Je connais pas cette chanson, mais ce qui me dérange un peu avec ce genre d’introduction dont parle Rémi, c’est que ça ferme l’interprétation, la possibilité de se l’approprier par l’auditeur, avec toutes les nuances que ça comporte… C’est un texte très joli, très bien écrit, et même s’il a été écrit avec une certaine idée en tête que Kolenc décrit très bien dans son messsage, c’est toujours possible de se l’approprier d’une autre manière, sans que ça soit quelque chose de figé noir sur blanc…

    J’sais pas si je me fais bien comprendre, mais dans une oeuvre j’aime quand l’interprétation reste ouverte et que les mots n’en disent pas trop, qu’ils conservent juste leur part de poésie et d’évocation… C’est le cas de la plupart des textes de Louise Attaque par exemple, mais aussi de certaines chansons de Daphné pour rester dans les chanteurs français. ça permet de les écouter chaque jour avec une oreille différente selon l’humeur et l’attention qu’on y porte.

    Donc au final, comme Rémi, je trouve ça vraiment dommage de la part de l’auteur de venir fermer les portes qu’il avait pris soin d’ouvrir par l’écriture.

  5. atharsis dit :

    Bon, ça a pas grand chose à voir avec la conversation, mais Goldman s’est prêté à un truc assez marrant sur lequel je viens de tomber : http://www.mymajorcompany.fr

    J’me demande ce qu’il y aura sur ce site…

  6. Rémi dit :

    Il y aura ça. Un des fondateurs est le fils de Goldman, je crois.

  7. Catharsis dit :

    ‘tain, ça a l’air hyper-ambitieux… J’suis curieux de voir c’que ça va donner.

  8. Rémi dit :

    Le modèle existe déjà aux Etats-Unis, mais je ne sais pas si ça a marché.

    Ah, et pour revenir sur le commentaire de Xavier : merci, tu as parfaitement exprimé ce que je voulais dire :)

  9. Laurent dit :

    «  »C’est un peu comme si Jacques brel introduisait “Ne me quitte pas” par “C’est une chanson qui parle d’amour” » »

    Sur un Cd live du groupe LSD, ils introduisaient ainsi leurs chansons: « Parce qu’ils sont jeunes, parce qu’ils sont cons, cette chanson s’apelle « Les jeunes cons » !
    Ou encore: « J’dédicace laprochaine chanson à mon blouson et à ma guitare ».
    Bon la différence c’est que eux, vu leur zic, y’avait limite + de mystère dans les intros.

  10. Laurent dit :

    Quelle horreur mymajorcompany.
    Tout est horrible dedans en fait, avec un peu de recul. De l’internaute qui paye pour être proche de l’artiste, au choix de la pochette et autres par tout le monde, qui donne son avis sur les morceaux etc, et le site qui s’accorde royalement 35 % avec tout ce pti monde qui travaille pour lui.
    Je m’y inscris de suite : D

  11. Rémi dit :

    A la rigueur, les introductions de chansons comme tu cites, c’est marrant, et ça gâche pas vraiment la chanson… Enfin, je dis ça, j’en sais rien, je les connais pas…

    Tu te souviens pas du nom du truc américain qui était sur le même modèle que mymajorcompany ?

    Par contre, 35%, OK, mais c’est le label qui sort le disque niveau promo, non ?

  12. Xavier dit :

    Moi tout ce qui contribue à faire en sorte que ça soit le public qui façonne ce que fait l’artiste ça me saoule comme pas possible… Mais j’ai pas envie de débattre plus que ça en fait : contre JB, j’ai perdu d’avance ;-)

  13. Catharsis dit :

    Non non, j’suis complétement d’accord !

  14. Laurent dit :

    http://www.sellaband.com

    Bah la promo elle est payée avec les 70 000 euros des internautes lol. C’te blague. Le tout sous couvert de révolution internet,d e nouveau modèle économique rhalala…

    Sinon, pour LSD c’était une blague, c’est un goupe années 80 de punk français complètement con et assumé, voilà, ça m’a fait marrer d’y repenser en comparaison avec JJ Goldman. Mais rien à voir c’est sûr.

  15. Rémi dit :

    Dans le genre, je déteste aussi viscéralement les introduction de morceaux dans le double album live de Tarmac (le sous-groupe de Louise Attaque).

    « Ca, c’est un morceau qui s’appelle ‘Chaque ville’… ». Ils ont peur que les gens ne reconnaissent pas ?

  16. Laurent dit :

    Meubler entre les morceaux c’est vraiment la tannée faut dire. Y’a guère que les gens pas normaux comme Manu pour toujours trouver un truc à direqui a rien a voir sans que ca fasse trop téléphoné ni récité.

    « Le prochaine chanson est dédie à tous ceux qui ont déjà dans leur vie perdu un animal domestique » (je sais pas pkoi j’ai eu envie d’écrire ça, là.).

  17. Laurent dit :

    Bon je modère vu qu’il y a une sélection de faite soi disant sur la qualité, à voir à l’usage. Et ils parlent de ne pas vouloirs faire de groupes à coups de single….à voir.
    Mais j’reste allergique à l’immersion de l’auditeur producteur dans le projet. Au secours.

  18. Fitsy dit :

    Ben non… je partage pas tellement ta déception, puisque Goldman fait partie de ces auteurs qui n’explique pas leurs paroles. C’est le contraire de Vincent Delerm qui donne des noms précis à chaque lieux, choses, détails… Lui il lance des phrases que chacun interprète comme il veut. Le fait qu’il ne l’introduise qu’en disant que c’est une chanson qui parle du mensonge, c’est une façon de donner une piste que chacun utilisera de sa propre manière. Une chanson est forcément moins touchante si on dit « alors j’ai écrit cette chanson en pensant à Josette alors qu’elle trompait Fred le 4 juillet 2005″… Enfin, je le vois comme ça :)

  19. Rémi dit :

    Je suis bien d’accord avec toi, sur cette chanson, en tous cas… Mais justement, est-ce qu’en disant « C’est une chanson qui parle du mensonge », il n’en dit pas déjà beaucoup trop ?

  20. daaan dit :

    laissez vivre cette chanson tout a fait extraordinaire!
    chacun doit y comprendre ce que personnellement il y trouve a penser.
    je pense qu’ il y a 2 types de chansons; les évidentes (tournent les violons…) et les philosophiques pour lesquelles par definition, il n’ existe pas UNE interprétation.
    on a tous un bagage philosophique qui nous fait aborder ce genre de chanson de maniere tres personnelle.
    de quoi ça parle « appartenir » sur EGCEGF ?

  21. Rémi dit :

    « laissez vivre cette chanson tout a fait extraordinaire! » : oui, c’était le message que je voulais faire passer.

    On comprend l’inverse ?

  22. daaan dit :

    absolument pas; j’ ai bien compris votre message, il sagissait simplement de rajouter ma pierre a l’ édifice des commentaires a ce propos.

  23. Rémi dit :

    Je suis rassuré :)

  24. O'menor dit :

    bah je suis decu lol j’allias mettre un puissant commentaire poru defendre mon idol et ses intention à propose de cette chanson mais en fait je n’aurai fait ke répéter l’auteur du tout premier commentaire ^^

    Je pense que si on est fan de JJG on comprend ce qu’il fait et ce qu’il veut dire. Si tu ne comprend pas alors c’est tout simplement que ce n’est pas ton style de musique ou de mentalité ce n’est pas grave. Du goldman c’est pas quelques chose qu’on se contente d’aimer comme ça a la va vite on vit les musique. Son style à pas mal évoluer se confondant dans les époques mais on reconnaitra toujours une chanson qui a été composé par Goldman. Combien de fois j’ai entendu des chanson de Kaas, Dion, Garou, Hallyday, etc et que j’ai sursauté sur ma chaise en hurlant « ça c’est du JJG ».

    Il reste certaines musiques que je n’apprecie pas qui ont peut etre un aspect trop personnel pour Goldman et pour lesquel je ne me sens pas vraiment concerné. Mais je vénére cet artiste qui traverse les générations et boulverse les coeurs en gardant une simplicité exemplaire.

    Vivement son retour en 2011 :)

  25. Rémi dit :

    Votre réponse laissant supposer que vous avez compris autre chose que ce que j’essayais d’exprimer, je vous présente mes excuses pour la confusion.

    Je vais essayer de faire plus clair.

    J’aime beaucoup cette chanson. Je trouve décevant la manière de l’introduire en concert. C’est comme si Edmond Rostand présentait « Cyrano de Bergerac » en disant : « C’est l’histoire d’un mec qui a un long nez. » C’est vrai, et pourtant si réducteur.

  26. Madani dit :

    L’air de rien ce blog continu de vivre à travers les commentaires, sa me fait plaisir!! Et désolé pour le commentaire sentimental genre Cinéma Hollywoodyen… J’y peux rien.

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