La délicatesse d’un vendeur de sandwiches

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A l’époque où je faisais mes études à Lyon, je mangeais souvent des sandwiches le midi. On pouvait les prendre dans la cafétéria de l’établissement ou dans la boulangerie toute proche. On pouvait aussi aller chez Thierry.

Thierry tenait une petite sandwicherie, un peu à l’écart, dans une rue calme. On entrait, c’était vide. Thierry arrivait, discrètement. Il nous donnait le menu : à chaque jour ses nouveaux sandwiches. Moi, les sandwiches un peu innovants, c’est pas mon truc. Mais je revenais quand même de temps en temps. Parce que Thierry avait une manie qui me fascinait. Il prêtait énormément d’attention à la manière dont il plaçait le sandwich, la boisson et le dessert achetés dans un sac plastique.

J’avais l’impression qu’il maniait de la dynamite. Chaque geste était précis, ses yeux rivés sur ce qu’il faisait. Sa technique était différente si le sandwich était chaud, car il devait le maintenir à l’écart du dessert pour ne pas le gâter. S’il y avait un yaourt, il rajoutait une petite cuillère dans le sens de la pliure du sac, pour ne pas qu’elle le transperce. Et une fois que le sac était prêt, il le soulevait lentement, avec délicatesse, pour vérifier que tout restait bien en place. Une fois le sac transmis, il encaissait l’argent et passait au client suivant.

Je ne sais pas si la sandwicherie de Thierry existe encore, mais j’y retournerais bien, juste pour ses gestes-là.

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6 Responses to La délicatesse d’un vendeur de sandwiches

  1. Rémi dit :

    A vue de nez, c’est ici .

  2. Julien dit :

    Soit. Mais tout ça ne me dit pas en quoi consistent ces sandwiches innovants !

  3. Rémi dit :

    Je ne sais plus vraiment, des mélanges étranges sucrés-salés, des associations d’aliments peu habituelles, surtout dans un sandwich… Mais comme tu le vois, ce n’est pas ça qui m’a marqué !

  4. Rémi dit :

    Un sandwich qui me revient : poire-roquefort !

  5. Julien dit :

    Ah ouais, quand même. Il a pas froid aux yeux, le Thierry !

  6. Rémi dit :

    Je suis très fier de moi : après recherche sur les pages jaunes, c’est exactement là où j’avais indiqué (enfin, presque exactement, c’est au 96, pas au 92).

    Et ça s’appelle bien « Chez Thierry » !

    Voilà la façade.

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