La délicatesse d’un vendeur de sandwiches

29 novembre 2007

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A l’époque où je faisais mes études à Lyon, je mangeais souvent des sandwiches le midi. On pouvait les prendre dans la cafétéria de l’établissement ou dans la boulangerie toute proche. On pouvait aussi aller chez Thierry.

Thierry tenait une petite sandwicherie, un peu à l’écart, dans une rue calme. On entrait, c’était vide. Thierry arrivait, discrètement. Il nous donnait le menu : à chaque jour ses nouveaux sandwiches. Moi, les sandwiches un peu innovants, c’est pas mon truc. Mais je revenais quand même de temps en temps. Parce que Thierry avait une manie qui me fascinait. Il prêtait énormément d’attention à la manière dont il plaçait le sandwich, la boisson et le dessert achetés dans un sac plastique.

J’avais l’impression qu’il maniait de la dynamite. Chaque geste était précis, ses yeux rivés sur ce qu’il faisait. Sa technique était différente si le sandwich était chaud, car il devait le maintenir à l’écart du dessert pour ne pas le gâter. S’il y avait un yaourt, il rajoutait une petite cuillère dans le sens de la pliure du sac, pour ne pas qu’elle le transperce. Et une fois que le sac était prêt, il le soulevait lentement, avec délicatesse, pour vérifier que tout restait bien en place. Une fois le sac transmis, il encaissait l’argent et passait au client suivant.

Je ne sais pas si la sandwicherie de Thierry existe encore, mais j’y retournerais bien, juste pour ses gestes-là.

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Les cartes d’anniversaire de ma grand-mère

28 novembre 2007

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Hier, c’était mon anniversaire.

Chaque année, le jour de mon anniversaire, quelques personnes m’appellent, d’autres m’envoient un email. Je n’accorde pas une grande importance à cet évènement, que j’oublie parfois. Je n’attends rien de spécial le jour de mon anniversaire.

Sauf la carte d’anniversaire de ma grand-mère.

C’est une carte d’anniversaire classique, comme on en trouve partout. Illustration sobre mais joyeuse. Dedans, un mot écrit à droite. Toujours très bien écrit. Ce qu’elle dit est attendu, et pourtant toujours touchant.

Mais tout cela ne serait rien sans un détail majeur. Chaque année, je reçois cette carte le jour exact de mon anniversaire ! Et ce depuis que je sais ce qu’est une carte d’anniversaire. Même à l’époque où j’habitais en Italie, pays au service de poste déplorable, la carte arrivait pile le bon jour. Quand j’étais petit, ça me semblait normal. A l’adolescence, je soupçonnais ma grand-mère de soudoyer mes parents pour qu’ils fassent semblant de la recevoir le jour J. Aujourd’hui, plus d’intermédiaire. Je me demande comment elle fait.

Comme chaque année, je l’ai appelé après avoir lu sa carte. Je l’ai félicité pour sa ponctualité. Elle m’a expliqué que c’était le hasard, qu’elle voulait l’envoyer plus tôt mais n’avais pas pu, et qu’elle étais très étonnée qu’elle soit arrivée à temps. Comme chaque année.


Le simili-medley caché à la fin de « Nos sourires » (Louise Attaque)

25 novembre 2007

Louise Attaque

Dans le dernier album de Louise Attaque, il y a une chanson qui s’appelle « Nos sourires ». Formation basse-batterie-violon-guitare, alternance de moments chargés et passages plus calmes, texte un peu abstrait : à part le gimmick vocal au refrain, c’est du Louise Attaque pur jus.

Sauf qu’il y a un détail très étrange dans ce morceau. A la fin, le morceau se conclut par un long passage instrumental. Et si on prête bien attention, à partir de 2’44, on entend en fond… des autres chansons de l’album. On reconnaît distinctement « Sean Penn, Mitchum » et « Si c’était hier ».

En fait, ça ressemble à un phénomène très perturbant de mon adolescence. Lorsque je réenregistrais des chansons par-dessus d’autres chansons, j’entendais parfois les anciennes chansons en fond, comme une sorte de fantôme persistant. Ce simili-medley à la fin de « Nos sourires » est tellement discret, confus et incohérent que je n’arrive pas à admettre que ça ait été fait exprès. Et en même temps, j’ai aussi beaucoup de mal à croire qu’un groupe comme Louise Attaque puisse ne pas avoir fait attention à ce détail.

Private joke ? Faute d’inattention ? Je n’en sais rien, mais cette intertitude contribue probablement au petit faible que j’ai pour ce morceau…


Remplacer les portraits-robot par des caricatures

23 novembre 2007

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D’après une article paru dans The Guardian, une équipe de scientifiques a découvert que des caricatures seraient plus efficaces que des portaits-robot pour identifier des criminels recherchés par la police.

L’expérience a consisté à exagérer jusqu’à 50% des détails caractéristiques de visages à identifier. Selon l’étude réalisée, l’identification survient deux fois plus souvent grâce à cette technique. La différence avec la technique du portrait-robot est encore plus flagrante lorsque du temps s’est écoulé : on passe de 3,4% à 26% d’identification.

J’imagine qu’il y a une explication scientifique à ce phénomène, notamment en matière de mémoire. On semble mieux retenir des détails d’un visage qu’un visage dans son ensemble. On pouvait difficilement rêver d’un meilleure exemple pour commencer ce blog !

[Merci 37signals]