
La première fois que j’ai acheté EMPIRE, magazine cinéma britannique, c’était à l’occasion des 25 ans de la Trilogie Indiana Jones. Le mensuel s’était paré de trois couvertures différentes, à l’image de chaque épisode de la série. J’avais acheté – pour 8 € ! – celle sur le Temple Maudit. Déjà à ce moment-là, les journalistes d’EMPIRE avaient eu toute ma sympathie, et je sais depuis qu’ils sont foncièrement des mecs biens : à intervalle régulier (presque un mois sur deux), ils trouvent l’anniversaire d’un gros classique à fêter, et se fendent d’un énorme dossier hyper-consistant, avec photos inédites, témoignages exclusifs et packaging alléchant. Une vraie démarche de fan, à la limite du fétichisme (juillet 2007 : "Star Wars, 30 years, 30 covers"), doublée d’une rigueur et d’une audace éditoriale tout à fait remarquable. Pendant ce temps, en France, PREMIERE – le magazine de mon coeur – s’enlise dans les sables avec des changements de maquettes schizophrènes et des plus-produits douteux (sérieusement, qui achèterait PREMIERE pour une casquette Von Dutch vert fluo ?).J’étais client d’EMPIRE depuis quelques mois, mais je suis devenu fan lors du numéro de février 2008. Pourtant, la couverture était moche : un montage maladroit des grosses sorties de l’année, où Indiana Jones, Batman, Rambo, Wall-E et Harry Potter cohabitaient difficilement au milieu d’une fumée multicolores bizarre.
A l’intérieur, il m’a suffi d’un seul paragraphe du magazine pour décréter que, dorénavant, je lirais religieusement EMPIRE tous les mois. Ca se passe dans la première colonne de leur article sur le prochain épisode… d’Indiana Jones. Le deuxième paragraphe, plus exactement, juste après le témoignage du comédien Ray Winston, encore tout étonné d’avoir participé au quatrième épisode de la cultissime franchise :
"If you don’t share Winstone’s excitement about Indiana Jones and the Kingdom Of The Crystall Skull, then just peruse the images over the following four pages. If the sight of Harrison Ford in leather jacket, khaki kecks and battered fedora looking at some new danger doesn’t fill your heart with joy, then you are officially banned from buying this magazine. Put it down. Leave now. We don’t want you here. Fuck off to Home & Gardens."
Yesssss !
Dans la foulée, j’ai allumé un cierge pour l’auteur de l’article. Ce mélange d’enthousiasme et de culot – surtout à une époque où la presse écrite se casse la gueule – m’a définitivement conquis. Je met au défi les journalistes de PREMIERE d’en faire autant dans un prochain numéro (I see you Mathieu Carratier). Ce serait un peu plus drôle que d’apprendre que le mensuel va "vibrer plus glam" en 2008, comme le dit avec désespoir la rédac’ chef dans son dernier éditorial. Quitte à voir le magazine mourir, autant le tuer avec panache.